Après avoir moi-même assisté à des tests de eye-tracking (oculométrie en français), je suis passé – sous l’impulsion de mon boss – à la vitesse supérieure et organisant mon premier test en solo. Nous avons fait l’acquisition d’une machine Tobii. La démo que nous avions reçue nous avait convaincu de tenter l’aventure.
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L’idée de base étant qu’organiser un test avec un partenaire externe peut coûter relativement cher et demander beaucoup de temps, il nous est venu l’idée de pouvoir réagir rapidement en possédant notre propre installation. Une nouvelle maquette, une nouvelle bannière ou de nouveaux écrans: nous voulons être capable d’effectuer quelques test basiques en un minimum de temps. Quatre ou cinq personnes qui n’ont jamais vu le stimuli (un langage scientifique pour déterminer ce qu’on teste), quelques scénarios et il y a déjà moyen de sortir les gros problèmes ergonomiques.
Déroulement du test
Cela se passe en 4 temps:
- L’analyse du stimuli et la formalisation des scénarios de tests. Je me suis basé sur les éléments que je trouvais problématiques dans le concept proposé par notre fournisseur pour établir cinq scénarios. J’ai commencé par un test ultra simple, histoire de vérifier les bases. Le deuxième étant le plus compliqué de tous. Pour le cinquième et dernier, j’ai rédigé un scénario simple, mais qui visait à tester la mémorisation de l’interface.
- Le recrutement. LE truc chiant quand on fait des tests. C’est de la logistique pure et cela ne se passe jamais comme prévu. Croyez-moi: il faut prendre un maximum de sécurité.
- Le test en lui-même. Finalement, il fut plus rapide que prévu. Je n’avais pas prévu de questionnaire d’identité, ni de post-questionnaire d’évaluation. Ce qui est en général nécessaire pour contextualiser les résultats. J’ai fait attention à bien rassurer chaque testeur. Même si la machinerie est simple, cela reste impressionnant. Et je n’ai jamais oublié la phrase essentielle: “Ce n’est pas vous qu’on teste, mais l’interface. Si vous éprouvez des difficultés lors des tests, ce n’est pas votre faute, mais celle du concepteur”. Mettre le testeur à l’aise est essentiel.
- L’analyse des résultats. Elle se prépare pendant les tests eux-mêmes. Cette analyse m’a permis de contredire certaines impressions que j’ai eue lors des tests et d’en confirmer d’autres. Impossible de tout détailler ici, mais c’est sans aucaun doute l’étape la plus passionnante.
Conclusions
Cela fut mon premier test en solo et pas le dernier. J’en ferai d’autres. Tout s’est bien passé. Ceci dit, je dois bien avouer que j’en ai découvert autant en observant les testeurs qu’en analysant les résultats de eye-tracking (si pas plus, en fait. Mais c’est peut-être lié à mon inexpérience relative?). Par contre, les “heatmaps” (représentation par zones de chaleur des zones sur lesquelles les utilisateurs se sont attardées) apportent un plus indéniable dans l’argumentation. Face à un interlocuteur borné, elles m’aideront à défendre le point de vue de la usability de manière irréfutable.


