La newsletter n’est pas morte… vive le RSS.

4Gaetano12th août 2006Le web

Je vous en avais parlé, Jakob Nielsen a sorti un épais rapport (500 pages!) sur la usability des newsletters e-mail, dont quelques considérations intéressantes sur le RSS.

Depuis le début, et comme Denis, je suis un fan du RSS. A l’instant où j’ai compris le principe, je me suis dit que cette technologie était prête pour les devants de la scène. C’était il y a presque 3 ans. Au passage, j’ai créé easyRSS (down depuis) avec mon ami Philippe, ai écrit un article sur le sujet pour Inside Internet, et RSS devient un standard pour tous les sites d’information en ligne.

J’ai souvent défendu le point de vue selon lequel le RSS pouvait même remplacer une newsletter. Mais Nielsen me fait maintenant douter. Ses arguments sont assez forts en effet:

  1. La valeur émotionnelle: la newsletter véhicule un design, une émotion. L’image de l’entreprise est véhiculée.
  2. L’archivage: le RSS est éphémère par définition. La newsletter peut facilement être archivable au sein de ses emails.
  3. L’efficacité: les tests de Nielsen montre qu’un user ne lit que les 2 premiers mots du titre d’un article référencé dans un RSS (encore moins qu’une newsletter classique).
  4. Au sein de testeurs qui connaissaient le RSS, plusieurs ont mentionnés que la newsletter, grâce au format email, s’intercalait mieux dans leur travail quotidien (souvent fait d’aller retour dans la boîte mail).
  5. Le manque de connaissances: la plupart des utilisateurs ne savent pas ce qu’est un RSS.

Nielsen ne recommande donc le RSS que pour les sites d’information ou ceux qui ont un besoin spécifique d’envoyer l’information au compte-goutte et en temps quasi réel.

A part le point 4 et 5, qui seront résolus d’eux-même d’ici quelques temps, les 3 premiers arguments sont assez forts. Je dois bien admettre que c’est assez convaincant.

Cependant, le RSS n’est pas à jeter. Je reste convaincu que certaines newsletters manque leur objectif, simplement parce que le RSS répondrait mieux au besoin. Et reste aussi à évaluer l’impact – certainement lourd – de l’inclusion du RSS dans la nouvelle version de Outlook.

4 Comments Flux des commentaires

  1. katsoura (13 août 2006, 1:44).

    Hmm… je suis sceptique. Tout à fait d’accord avec toi pour la valeur émotionnelle mais nous sommes de plus en plus nombreux à être victime du spam et de vouloir nous protéger vs ses parasites. Une des règles de base est de n’accepter que du texte (d’ailleurs certains disent que l’idée de base de l’e-mail est de transmettre une information brute sans fioritures, c’est le contenu qui compte avant tout). Adieu les images, les belles mises en page, les caractères spéciaux… mais aussi les trackers dissimulés à l’insu de l’utilisateur et autres saloperies. Tant qu’on nous pourrira notre boîte, on ne pourra pas faire confiance. De toute manière c’est plus fort que ces gens du marketing qui veulent à tout prix "profiler" leur cibles et grace à l’informatique ils peuvent le faire, donc je vois pas les choses changer dans le bon sens (pour l’utilisateur).

    L’archivage. Ok, il y a moyen d’archiver un e-mail mais en principe si ce sont des nouvelles tu lis le courrier une fois et puis tu le jettes. C’est assez rare de revenir sur une ancienne information. De plus, les lecteurs RSS (en tout cas les agrégateurs locaux) sont capables de garder toutes les infos. Il suffit de configurer le logiciel correctement.

    L’efficacité, ça j’en doute pas. De ceux que je connaissent, ils ont l’art de collectionner les fils de syndication qu’au final ils se retrouvent confrontés à une masse d’infos et du coup, on expédie les billets aussi vite qu’on peut par manque de temps. Certains décident même de jeter l’éponge tellement ils sont débordés.

    Pour le manque de connaissance, je suis assez d’accord. A mon sens, ça restera un concept obscur pendant un certain temps à partir du moment ou on aura pas décidé de rendre les choses plus simples pour le quidam.

  2. Gaetano (13 août 2006, 7:01).

    Si je dois faire le choix entre une newsletter et un fil RSS, je choisis clairement le fil RSS. Mais dans certains cas, newsletter B2B par exemple, l’email propose un groupe d’articles autour d’un thème. Ce que le RSS ne sait pas faire (ou alors via des manipulations obscures pour un être normalement constitué).

    Mais comme tu le dis, derrière une newsletter, il y a des responsables marketing. Pas sûr que l’austérité du RSS les convaincra…

  3. Francois (14 août 2006, 1:47).

    Il faut bien se dire que le RSS en est à peine à sa version 1.0.

    La logique de diffusion d’information personnalisée commence à poindre dans plusieurs applications. Pour l’instant les fils d’informations RSS sont thématiques et généralistes. Certains système de publications permettent de s’abonner à des flux plus spécifiques (basés sur un tag ou le résultat d’un moteur de recherche).

    Plusieurs solutions existent qui permettent de combiner le tout pour offrir une diffusion de contenu personnelle.

    La newsletter est loin d’avoir dit son dernier mot aussi pour certains avantages que tu as cité.

    Disons que je parierai sur une combinaison des deux :) je le dis car nous avons développé un logiciel "newsletter 2.0" avec mon frère Denis (www.userneed.com) basé sur quelques reflexions liées aux croisements de ces deux mondes (RSS & Newsletter).

  4. Le RSS ne remplacera pas les newsletters… (26 juillet 2007, 8:40).

    [...] qui m’a donné envie d’arbitrer le match RSS Vs Newsletter. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que j’en parle. Et l’épaisse étude de Jakob Nielsen sur le sujet ne m’a pas fait changer [...]

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