On en a beaucoup parlé jeudi et vendredi: la RTBF annonce 1 million de téléchargements en à peine 1 mois pour son podcasting. Ce qu’on a pas manqué de noter hier soir lors de l’enregistrement du PodCafe 6 (publication bientôt): c’est un chiffre qui va remuer la sphère médiatique francophone. Un résultat qui prouve l’intérêt des auditeurs pour une radio “à la demande”.
Le Soir consacre un article sur le sujet dans son édition du week-end et j’ai sursauté en lisant les propos de Jean-Jacques Deleeuw, Directeur Général de Bel RTL, qui rapporte son scepticisme au journaliste Jean-François Lauwens:
“Pour moi, le podcast, ce n’est pas de la radio. La radio, c’est du direct: ceci, c’est de l’enregistrement. Je crains un peu un phénomène semblable au magnétoscope: on télécharge beaucoup, mais écoute-t’on tout ce que l’on télécharge? Personne ne peut le dire. Si c’est pour réécouter le journal ou “l’invité” de Kathryn Brahy, on peut déjà le faire sur internet? Si un jour, nous nous lançons dans le podcasting, ce sera avec quelque chose de plus novateur que ce qui existe actuellement sur le marché”
Regardons cela point par point:
- le chiffre de 1 million? Il a raison: cela ne prouve pas qu’ils sont écoutés. Quand bien même, cela reste énorme. Et puis c’est un peu pareil avec la radio ou la télé: ce n’est pas parce que c’est allumé que j’écoute ou regarde.
- comparer le podcasting au magnétoscope est une aberration intellectuelle. Ou un manque de connaissance. On parle de deux modes de diffusion et de consommation tout à fait différent.
- Réécouter sur internet? Mr Deleeuw n’a apparemment pas compris ce qu’était le podcasting: la portabilité, le choix du moment et la liberté d’écoute.
- Quelque chose de plus novateur? Chouette! J’ai bien envie de voir ça. En attendant, pourquoi ne pas offrir ce qu’il est possible d’offrir? Mr Deleeuw est un peu comme la personne qui refusait de faire un site web fin des années 90…
On a un peu l’impression de se retrouver devant un Berusconi qui refuse d’admettre l’évidence, auquel on ajoute un sacré manque de discernement par rapport à la tendance du marché… (ouais… Berlusconi aussi a eu un manque de discernement…)


