Le journal Le Soir étonne. Avec une campagne publicitaire vraiment inédite dans la paysage médiatique francophone. En lançant trois faux sites webs à l’éthique scandaleuse, le journal cherche à communiquer sur son nouveau format:
” Cette campagne démontre des évolutions inacceptables de notre société. Pour confronter les gens avec ces tendances dangereuses et inacceptables, nous avons consciemment joué avec les codes de la réalité d’une part et ceux de la publicité de l’autre. Nous avons créé des sociétés fictives reflétant trois problématiques sensibles de notre société : le commerce d’organes (www.givelife.be), la vente d’enfants (www.babyforeveryone.com) et le racisme (www.institut-integration.be). “
Le fait est que cette campagne publicitaire a même pigeonné des organisations sérieuses:
“Nous avons communiqué sur ces sociétés, comme s’il s’agissait de produits ou de services tout à fait courants, au travers de différents médias (affichages, télés, radios et magazine). “Ainsi, le ministère de la Santé a saisi la Federal Computer Crime Unit qui a demandé au… FBI de mener l’enquête sur le pseudo-commerce d’organes. Catherine Fonck, ministre francophone de l’Enfance, a alerté les autorités judiciaires après avoir été informée par une modératrice d’un forum sur l’adoption de l’existence du site proposant la vente d’enfants. La RTBF a diffusé un reportage s’interrogeant sur ces pratiques au JT de 19h30. Le Mrax a enregistré des plaintes. Et sur internet, le débat a fait rage. Extraits : « Symptomatique d’une bien triste humanité dont le modèle physique est d’office occidental. On n’est quand même pas loin de la théorie d’une race supérieure… »
Personnellement, je m’interroge. Est-ce qu’il s’agissait de vérifier si le public était encore capable de s’indigner? Quel est le sens de cette action publicitaire? Est-ce que Le Soir poussera son raisonnement jusqu’au bout en proposant un débat sur le sujet?
(source capture d’écran www.lesoir.be)
Se contenter de dire “on a réussi un coup médiatique” n’est pas suffisant ici. Si les intentions sont louables, on fait de la pub en tirant les ficelles de sujets de société hautement sensibles. Se contenter de cela n’est pas suffisant.
On sait bien que les tirages de la presse francophone sont plus que mauvais. La presse va mal et je suis le premier à m’en indigner. Mais il faut absolument que le journal n’en reste pas là. Autrement, il ne vaudra pas mieux qu’un vendeur d’aspirateurs.
Cher journal Le Soir, moi qui te lis depuis des années, montre moi que j’ai eu raison… A bon entendeur…
UPDATE 11/11/2005: une réaction de l’agence de pub de la campagne chez Damien (bloggingthenews.info)


